« La lutte contre le gaspillage doit devenir une culture au sein du Parti, de l'armée, du peuple et de la société, imprégnant chaque membre du Parti, chaque famille et chaque citoyen », a souligné le Dr Nguyen Viet Chuc, vice-président du Conseil consultatif pour la culture et la société du Comité central du Front de la patrie vietnamienne, dans une interview accordée à un journaliste du quotidien Dai Doan Ket.

PV : Monsieur, en tant que membre du parti et électeur, comment évaluez-vous personnellement la campagne anti-gaspillage lancée par le secrétaire général To Lam durant la période actuelle ?

Dr Nguyen Viet Chuc : Nombreux sont ceux qui estiment que le gaspillage est un fléau bien plus important que la corruption. Par conséquent, aujourd’hui, la lutte contre le gaspillage doit impérativement aller de pair avec la lutte contre la corruption et les pratiques déloyales. C’est pourquoi le Comité central de pilotage de la lutte contre la corruption et les pratiques déloyales a intégré la lutte contre le gaspillage à ses fonctions et est devenu le Comité central de pilotage de la lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques déloyales.
Bien que nous ayons une loi sur la frugalité et la lutte contre le gaspillage, ce dernier persiste en de nombreux endroits, sous nos yeux. Un proverbe vietnamien dit : « Ne laissez pas les champs en friche, chaque parcelle de terre vaut son pesant d’or », et pourtant, dans bien des régions, les champs restent en jachère, un gaspillage colossal. Le gaspillage est aujourd’hui un fléau ; pour un travailleur, un million de dongs est précieux, et pourtant, des projets valant des milliards de dongs restent à l’arrêt année après année.
Si vous gagnez un dollar et en gaspillez un, ou si vous avez dix dollars et en gaspillez neuf, comment pouvez-vous espérer prospérer ? Outre le gaspillage matériel et financier, il existe un gaspillage encore plus grand : celui des opportunités et du temps. Ce sont deux choses qui, une fois perdues, sont irrécupérables. Les opportunités manquées sont perdues à jamais, et le temps ne se répète jamais. Alors, comment prospérer dans cette nouvelle ère ?
Non seulement nous-mêmes, mais le monde entier compte sur nous. Nous devons saisir toutes les opportunités pour développer le pays et surmonter les difficultés passées. Le Vietnam ambitionne de devenir un pays développé à revenu élevé d'ici 2045. Il ne reste que 20 ans. Le temps passe vite ! Si nous ne nous préparons pas dès aujourd'hui, nous ne pourrons pas réaliser les rêves et les aspirations de l'ensemble de notre Parti, de notre peuple et de nos forces armées d'ici 2045. Ce sont des rêves et des aspirations ancestraux ; nous avons surmonté les épreuves et éradiqué la pauvreté. C'est pourquoi la direction du Parti et de l'État a ordonné que, d'ici la fin du premier trimestre 2025, la structure organisationnelle soit rationalisée. D'ici la fin de 2025, tous les logements temporaires et vétustes doivent être démolis. Chaque objectif et chaque tâche a été assorti de programmes et d'échéanciers précis. C'est aussi une période où nous devons économiser le moindre gaspillage, qu'il s'agisse de ressources matérielles, d'opportunités ou de temps.
Le secrétaire général To Lam avait déjà fait part de sa frustration face à ce gaspillage, soulignant que des terrains de premier choix et des projets de plusieurs billions de dongs restaient à l'abandon sans que personne n'en prenne la responsabilité. Qu'en pensez-vous ?
Gaspiller les ressources est un crime et doit être puni. La lutte contre le gaspillage est une question cruciale, comme l'a fermement souligné le secrétaire général To Lam. Par conséquent, chaque citoyen doit prendre ses responsabilités et ne peut s'en remettre entièrement à l'État. Un sens de la frugalité est nécessaire de la part de chaque citoyen et de chaque famille. Les jeunes, en particulier, doivent comprendre et pratiquer l'épargne ; chaque euro gagné doit être dépensé judicieusement. Ils ne doivent pas vivre au-dessus de leurs moyens. Ils doivent également préserver leur santé et leur énergie pour contribuer à l'édification du pays. L'épargne est essentielle partout, en tout temps et en toutes circonstances, dans toute la société, au sein des familles et pour chaque individu, au sein du Parti, de l'armée et de l'ensemble de la population. Ce n'est qu'à cette seule condition que la lutte contre le gaspillage portera ses fruits sur les plans économique, culturel, social et de la sécurité nationale.
Nombreux sont ceux qui affirment que lutter contre le gaspillage est difficile, mais aussi difficile que cela puisse paraître, c'est indispensable. Ceux qui restent inactifs doivent s'exposer à des sanctions sévères. Le secrétaire général To Lam a un jour déclaré : « Face à un tel gaspillage de terres précieuses, il est impératif que quelqu'un soit tenu responsable, n'est-ce pas ? » Autrement dit, le dirigeant du Parti a soulevé la question de la responsabilité, et non le simple fait que les terres soient gaspillées sans que personne n'assume ses responsabilités. Une enquête approfondie s'impose afin de déterminer les responsabilités, les causes de ce gaspillage et les personnes tenues pour responsables.
La corruption est considérée comme un fléau national et est abhorrée ; la lutte contre la corruption a été intégrée aux programmes scolaires afin de promouvoir une culture de l’intégrité. Alors, Monsieur, n’est-il pas temps de commencer à cultiver une culture de la lutte contre le gaspillage ?
C'est exact ! Le président Hô Chi Minh enseignait qu'il faut être diligent, économe, honnête et altruiste. La diligence est essentielle car elle exige un travail acharné et des efforts soutenus ; d'où le proverbe : « La richesse n'arrive pas à ceux qui font la sieste l'après-midi / La prospérité n'arrive pas à ceux qui s'enivrent toute la journée. » Outre la diligence, il faut aussi être économe. Si vous gagnez 10 dongs mais que vous en dépensez 9, voire 15, ce qui signifie que vous devez emprunter davantage, comment pouvez-vous espérer devenir riche ? Dans la culture vietnamienne, accumulée au fil des millénaires, la diligence et l'épargne sont des valeurs fondamentales.
Nous devons construire l'image d'un mode de vie qui corresponde aux exigences modernes, notamment en apprenant aux jeunes à être économes et à éviter le gaspillage.
Monsieur, lors de la récente rencontre avec les électeurs, nombre d'entre eux ont fait part au Secrétaire général de la nécessité de lutter résolument contre le gaspillage. Mais pour que cette détermination se concrétise, l'implication de l'ensemble du système politique est-elle indispensable ?
Lors de la rencontre du secrétaire général To Lam avec ses électeurs, j'ai eu une discussion directe avec lui. Il a donné un exemple très concret, une tâche ancienne mais toujours nécessaire. C'est comme un médecin qui soigne un patient qui ne guérit pas ; si ce patient vous est adressé et que vous dites que le médecin précédent n'a pas pu le guérir, ce dernier est responsable et vous cessez de le soigner. C'est inacceptable. Un médecin se doit de soigner un patient. Ici, le « patient » n'est plus un individu, mais « le mal de la société dans son ensemble ». Si un médecin ne parvient pas à guérir le patient, un autre doit prendre le relais ; on ne peut se rejeter la faute ni se dérober à ses responsabilités.
L'exemple du Secrétaire général montre que chaque responsable doit assumer ses responsabilités, celles des autres pouvant être examinées ultérieurement. Les projets qui s'éternisent et les problèmes non résolus de la législature précédente sont inacceptables. Il est impératif d'agir pour remédier aux problèmes hérités de la législature précédente et à ceux propres à chacun. Quel que soit le résultat, il faut assumer ses responsabilités et ne pas rejeter la faute sur la législature précédente. Le Secrétaire général insuffle une nouvelle dynamique à la société dans cette ère nouvelle, une ère de progrès national pour le Vietnam. C'est pourquoi la lutte contre le gaspillage est cruciale durant ce mandat et requiert l'effort collectif de toute la société.
Pour lutter contre le gaspillage, il nous faut d'abord promouvoir le rôle des dirigeants et la conduite exemplaire des membres et des responsables du Parti à tous les niveaux, monsieur ?
Pour les membres du Parti, donner l'exemple est crucial en tout, et pas seulement dans la lutte contre le gaspillage. De plus, les lois doivent être claires, les projets rigoureux mais aussi flexibles, afin d'éviter les blocages, les occasions manquées et le recours à la corruption. Actuellement, le Front de la Patrie doit jouer un rôle majeur dans la lutte contre le gaspillage. Il peut désormais participer à la surveillance et à la critique sociale pour identifier les responsables du gaspillage. Où se situe le gaspillage ? La surveillance et la critique sociale du Front sont essentielles. La Constitution et les lois définissent clairement les fonctions et les devoirs du Front de la Patrie vietnamien à tous les niveaux ; ce rôle doit donc être renforcé. Il doit mobiliser la population pour détecter et signaler les cas de gaspillage, par exemple ceux causés par des individus comme M. A et Mme B, afin que le Parti et l'État en soient informés et puissent agir.
Merci beaucoup, monsieur !
Source : https://daidoanket.vn/xay-dung-van-hoa-chong-lang-phi-10297575.html






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