
Une promesse ambitieuse
Un problème international majeur réside dans le fait que le développement industriel et les modes de vie néfastes pour l'environnement ont libéré des gaz à effet de serre, provoquant le réchauffement climatique et un risque de changement climatique. De nombreuses études scientifiques ont démontré que les gaz à effet de serre émis par l'industrie et la vie quotidienne sont de nature diverse, mais les gaz carbonés sont les plus répandus, le CO2 représentant la plus grande part. C'est pourquoi les gaz à effet de serre sont souvent quantifiés en termes d'émissions de CO2 . Face à ce constat, les Nations Unies ont établi la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) afin de rassembler les nations dans le but de trouver des solutions communes pour lutter contre le changement climatique mondial.
Depuis 1995, la Conférence des Parties à la CCNUCC se réunit chaque année sous le nom de COP pour discuter des mesures à prendre face aux changements climatiques. En 1997, les pays participant à la CCNUCC ont convenu de signer un document connu sous le nom de Protocole de Kyoto. Depuis 2005, la communauté internationale organise à Montréal, au Canada, une conférence mondiale appelée COP11, liée à la Conférence des Parties au Protocole de Kyoto (CMP1).

Parmi les conférences COP-CMP, deux ont abouti à des solutions importantes. La COP19-CMP9, qui s'est tenue à Varsovie (Pologne) en 2013, a décidé de mettre en œuvre le cadre REDD + visant à limiter la déforestation et la dégradation des forêts, ainsi qu'à conserver et à accroître le stockage du carbone grâce à une gestion durable des forêts.
Deuxièmement, la COP21-CMP11, qui s'est tenue à Paris en 2015, a adopté l'Accord de Paris sur la gestion des mesures d'atténuation du changement climatique à compter de 2020. Cet accord a introduit une initiative visant à établir un marché du carbone entre les émetteurs et les absorbeurs. Depuis 2016, la COP-CMP est liée à l'Accord sur la gestion du carbone (CMA) entre les parties à l'Accord de Paris ; la COP22-CMP12-CMA1 a eu lieu à Marrakech, au Maroc.
L'objectif international principal est de parvenir collectivement à la neutralité carbone le plus rapidement possible. Lors de la COP26-CMP16-CMA5 qui s'est tenue à Glasgow (Royaume-Uni) en 2021, le Premier ministre vietnamien a promis à la communauté internationale que le Vietnam atteindrait la neutralité carbone d'ici 2050. La Banque mondiale a qualifié cette promesse d'ambitieuse et a souligné la nécessité de solutions audacieuses, avec le soutien de la communauté internationale.
droits carbone et commerce des droits carbone
Le processus d'élaboration de l'idée internationale décrit ci-dessus montre que, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la conférence COP21-CMP11 a proposé la création d'un marché du carbone entre émetteurs et absorbeurs. Bien entendu, les émetteurs devraient rémunérer les absorbeurs ; il s'agit d'un marché de transfert de droits carbone (puisque le produit n'est pas du carbone physique, mais un droit).
Les recherches scientifiques actuelles se sont spécifiquement attachées à identifier les puits de carbone et leurs constituants. Les résultats mettent en lumière les puits de carbone terrestres, notamment : (1) l’océan, d’une capacité de 38 000 milliards de tonnes grâce aux carbonates et au CO₂ dissous ; (2) les terres émergées, d’une capacité de 3 000 milliards de tonnes grâce à la photosynthèse végétale (principalement celle des forêts), à la décomposition de la matière organique, à la dissolution du CO₂ dans les zones humides et à son stockage dans les combustibles fossiles tels que le charbon et le pétrole ; (3) l’atmosphère, d’une capacité d’absorption de 800 milliards de tonnes issues des émissions de gaz à effet de serre. Ces puits démontrent la nécessité de modifier nos modes de développement et de vie afin de réduire les émissions de carbone atmosphérique, de le réabsorber dans les océans et les terres émergées par la photosynthèse végétale, de préserver les surfaces d’eau et de renoncer aux combustibles fossiles.

L’analyse du marché du transfert des droits carbone révèle clairement de nombreuses difficultés opérationnelles, notamment :
1. Les modes de production et de vie propres entraînent systématiquement une hausse des coûts des biens et services, et donc une baisse des profits. La transition d'un processus « polluant » à un processus « propre » exige des investissements considérables. C'est pourquoi les producteurs hésitent à changer leurs pratiques. Un mécanisme d'échange de droits carbone constitue une solution pour réguler les marges bénéficiaires entre développement polluant et développement propre. Ce processus repose sur une forte implication volontaire.
2. Le marché du carbone est mondial et ne peut être abordé isolément au niveau national. Un consensus mondial est donc nécessaire, par le biais d'organisations internationales liées à des engagements internationaux pour une mise en œuvre partagée.
3. Les droits carbone sont des biens immatériels, donc déterminer leur quantité nécessite des solutions scientifiques de haut niveau pour garantir l'exactitude de l'identification de qui a émis combien et de qui a absorbé combien.
4. En principe, le marché des droits carbone est un marché volontaire, mais au sein d'un même pays, un cadre juridique peut être établi pour le réglementer. C'est là sa caractéristique unique : une combinaison d'obligations nationales et de participation volontaire à l'échelle mondiale.
La théorie est complexe, mais en résumé, pour lutter contre le changement climatique, il est indispensable de protéger et de développer les puits de carbone naturels, tels que les forêts, les terres et les océans, afin d'absorber le carbone atmosphérique, et de réglementer les bénéfices liés à cette absorption par le biais de marchés de droits d'émission de carbone. La réduction de la consommation d'énergies fossiles et la transition vers des énergies propres, non émettrices de gaz à effet de serre, nécessitent le fonctionnement d'un tel marché.

Marché des droits carbone au Vietnam
Il existe actuellement deux fonds relativement performants dans le monde : le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF) et le Fonds vert pour le climat (FVC). Le Vietnam est membre du FCPF depuis 2008 et a bénéficié de son soutien pour la mise en œuvre du projet REDD + (2013-2020) visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et à la dégradation des forêts. Ce projet a pour objectif de renforcer les capacités organisationnelles et techniques des organismes centraux et locaux dans six provinces de la région du Centre-Nord : Thanh Hoa, Nghe An, Ha Tinh, Quang Binh, Quang Tri et Thua Thien Hue.
Le Projet de réduction des émissions de la région Centre-Nord, élaboré par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, a été intégré au système de paiement au résultat du Fonds forestier national (FCPF), basé sur la superficie et la qualité des forêts. Le Vietnam et le FCPF ont signé l'Accord de réduction des émissions de la région Centre-Nord (ERPA) à Hanoï en 2020. La mise en œuvre de l'ERPA constitue un projet pilote visant à établir un marché national du carbone forestier, lié au marché mondial du carbone, tout en créant une source de financement supplémentaire pour l'investissement direct dans les forêts et en augmentant les revenus des propriétaires forestiers. De plus, ce projet pilote contribue à sensibiliser à la valeur des services écosystémiques liés au carbone forestier.

Ainsi, le marché des droits carbone liés à l'exploitation forestière commence à se structurer sur la scène internationale. Au niveau national, la législation n'a permis, jusqu'à présent, que de percevoir une obligation financière auprès des projets entraînant une réduction du couvert forestier. De ce fait, la question des droits carbone forestiers n'a fait qu'être expérimentale, sans impact sur le développement d'une production et d'une consommation propres. Par exemple, un pays doit s'attaquer aux problèmes liés aux centrales au charbon, aux transports à essence, à la transformation des aliments au feu et à la production de briques ou de céramiques cuites au charbon… autant de pratiques encore très répandues. Les modes de production et de vie obsolètes persistent, et aucune mesure de gestion n'a été prise pour les faire évoluer.
Pour réussir la transition vers une production, une consommation et un mode de vie propres, la seule solution est de mettre en place un marché national des droits carbone, encadré par un cadre juridique prévoyant des taxes sur les procédés polluants afin de financer les procédés propres. Par ailleurs, le gouvernement doit encourager les organisations sociales à lancer des campagnes de promotion de modes de vie et de production propres. C’est à cette seule condition que le Premier ministre pourra tenir sa promesse à la communauté internationale de ramener les émissions nettes à « zéro » d’ici 2050.
La province de Nghệ An fait partie de la zone d'application de l'accord ERPA sur le commerce du carbone forestier, mais il s'agit encore d'un programme pilote. On espère que ce programme passera à la phase officielle afin de dynamiser la protection et le développement des forêts. Les dirigeants de Nghệ An peuvent mener des campagnes de sensibilisation pour promouvoir des habitudes, des modes de vie, une consommation et une production plus respectueux de l'environnement, en vue de l'extension du marché des droits carbone des forêts à d'autres processus de production, de consommation et de vie.
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