C’est pourquoi la plupart des pays du monde se concentrent sur les mesures d’atténuation, la priorité absolue étant la construction de bâtiments parasismiques et la formation des citoyens aux connaissances et aux compétences nécessaires pour réagir aux séismes.
Bien que n'étant pas situé sur la « Ceinture de feu », la zone où se produisent les séismes les plus puissants au monde, le Vietnam est néanmoins considéré comme un pays à risque sismique relativement élevé. Le pays a enregistré plusieurs séismes importants, d'une magnitude comprise entre 6,7 et 6,8, survenus dans le nord-ouest, tels que Dien Bien (1935) et Tuan Giao (1983). Entre 1910 et 2020 seulement, le réseau national de stations sismiques a enregistré plus de 300 séismes d'une magnitude égale ou supérieure à 4,0 dans cette région.
D'après les études géologiques, on dénombre actuellement 46 zones de failles sismiques majeures réparties sur le territoire vietnamien, son plateau continental et la mer Orientale. Celles-ci constituent une source potentielle de risques sismiques pouvant survenir à tout moment au Vietnam. Par ailleurs, l'exploitation des barrages hydroélectriques à travers le pays pourrait également induire des séismes.
Actuellement, une lacune importante réside dans le fait que les immeubles de grande hauteur au Vietnam ne sont toujours pas équipés de systèmes de surveillance sismique. Seuls quelques grands projets et barrages hydroélectriques ont commencé à mettre en œuvre ce système.
Dans les grandes villes comme Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, les secousses sismiques ne sont perçues que par les habitants et il n'existe pas de mesures spécifiques effectuées par les organismes officiels.
L'installation d'équipements de surveillance dans les bâtiments permet d'enregistrer les dépassements des limites de sécurité par les vibrations, permettant ainsi au système de fournir une alerte précoce, suffisante pour que les résidents soient avertis et puissent se mettre en sécurité.
Plus important encore, les données recueillies permettent aux autorités d'évaluer l'impact du séisme et de prendre des décisions concernant l'inspection, le renforcement ou l'évacuation des bâtiments. À long terme, ce système contribuera à la mise à jour des cartes de risques sismiques et à l'ajustement des réglementations en matière de construction.
Par conséquent, les experts en sismologie ont suggéré à plusieurs reprises d'installer des systèmes de surveillance des vibrations dans les immeubles de grande hauteur situés dans les zones à haut risque. Malheureusement, aucune localité n'a encore mis en œuvre cette mesure.
L'une des conséquences les plus graves des séismes est l'effondrement des bâtiments, même dans des zones éloignées de l'épicentre. L'effondrement récent d'un immeuble de grande hauteur à Bangkok (Thaïlande) l'a démontré, suite aux secousses provoquées par un important séisme au Myanmar, aggravées par la faible portance du sol local. Dans notre pays, les vieux immeubles d'appartements préfabriqués en sont un parfait exemple.
Les grandes structures en béton, construites dans les années 1970 et 1980, constituent une catégorie de bâtiments à haut risque en raison de leur conception non parasismique. De même, les immeubles de grande hauteur modernes doivent également faire l'objet d'une surveillance et d'inspections suite aux récents séismes qui ont provoqué des secousses.
La sensibilisation du public a également révélé de nombreuses lacunes. La réaction de la population au récent séisme au Myanmar, notamment dans les immeubles d'habitation, a montré que beaucoup ne maîtrisaient toujours pas les gestes de premiers secours appropriés, comme se précipiter hors de leur appartement, utiliser les ascenseurs pour s'échapper ou se rassembler en grand nombre dans le hall ou au pied de l'immeuble. Certains n'ont même pas perçu les secousses, les confondant avec des vertiges ou des étourdissements.
D'après les experts, si la population est habituée aux tempêtes et aux inondations, elle manque de connaissances de base sur les mesures de sécurité à prendre en cas de séisme. À l'intérieur d'un bâtiment solide, il n'est pas forcément nécessaire de l'évacuer ; il faut plutôt se protéger des chutes de débris. À l'extérieur, il est conseillé de s'éloigner des immeubles de grande hauteur pour éviter les risques d'effondrement ou de chutes de matériaux.
Les conséquences du récent séisme démontrent une fois de plus clairement les limites et les insuffisances de notre sensibilisation et de notre réponse à la menace sismique.
On ne peut empêcher les tremblements de terre, mais on peut en limiter l'ampleur si les autorités agissent rapidement et si la population dispose des connaissances nécessaires pour réagir.
Source : https://nhandan.vn/nhan-thuc-va-kha-nang-ung-pho-dong-dat-post868921.html







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