L'expert Chu Tuan Anh, directeur du système de formation de programmeurs internationaux Aptech, a partagé son point de vue sur cette question.
D’après les experts , quels sont les principaux obstacles empêchant les femmes pauvres d’accéder au savoir numérique aujourd’hui, notamment dans les zones rurales et montagneuses ? S’agit-il uniquement d’un problème technologique, ou existe-t-il aussi des barrières invisibles telles que les préjugés sociaux et le manque de confiance en soi ?
Actuellement, les femmes pauvres vivant dans des zones reculées sont confrontées à de nombreux obstacles pour accéder au numérique. Il s'agit tout d'abord d'obstacles matériels liés aux infrastructures, comme un accès internet insuffisant et un réseau 4G/5G défaillant. De plus, elles manquent d'équipements technologiques tels que des smartphones, des ordinateurs ou des ordinateurs portables.
Outre les obstacles matériels, il en existe aussi des intangibles. Par exemple, dans une famille pauvre où ni le mari ni les enfants n'utilisent les technologies, le besoin et la motivation des femmes à accéder aux connaissances numériques sont considérablement réduits. Le manque de temps constitue un autre obstacle intangible. Les femmes vivant dans les régions reculées, comme la population en général, dépendent souvent du travail manuel pour subvenir à leurs besoins, ce qui leur laisse peu de temps pour apprendre ou utiliser les technologies. Plus important encore, le manque de confiance en soi est un frein. Faute d'accès suffisant à une éducation de qualité dès leur plus jeune âge, de nombreuses femmes se sentent incapables d'acquérir de nouvelles connaissances.

L'expert Chu Tuan Anh, directeur du système de formation de programmeurs d'Aptech International, a partagé :
Dans le contexte d’une transformation numérique globale, quelles sont les compétences fondamentales que les femmes pauvres doivent maîtriser pour accéder au savoir numérique ? Et qui les aidera à acquérir ces compétences ?
La compétence fondamentale la plus importante pour les femmes défavorisées est la confiance en soi. C'est grâce à elle qu'elles peuvent explorer et acquérir des connaissances numériques de manière proactive. La deuxième compétence la plus importante est la maîtrise des appareils technologiques de base. Cela inclut des opérations simples comme allumer et éteindre la télévision, changer de chaîne ou ouvrir des applications populaires comme Facebook. Une autre compétence cruciale est la maîtrise des applications de communication, telles que Zalo, pour envoyer des messages et passer des appels. La communication est un besoin fondamental et est utilisée quotidiennement. Lorsque les femmes maîtrisent ces compétences, elles sont plus inspirées et motivées pour explorer les technologies numériques de manière proactive. La capacité de rechercher des informations sur Internet est également un élément clé.
En matière de groupes de soutien, les autorités locales jouent un rôle primordial. En contact régulier avec les femmes défavorisées, elles comprennent leurs besoins et peuvent leur apporter un soutien adapté. Le deuxième groupe le plus important est l'Union des femmes, grâce à son réseau dense, du niveau central au niveau local, qui travaille en étroite collaboration avec les femmes. Les organisations non gouvernementales contribuent également efficacement au soutien de la formation et du développement des compétences. Enfin, les entreprises et les communautés jouent un rôle essentiel grâce à leurs importantes ressources humaines et matérielles. Elles sont prêtes à fournir le soutien nécessaire pour aider les femmes défavorisées des zones reculées à accéder aux technologies numériques.
Quels modèles et programmes sont actuellement considérés comme efficaces par les experts pour favoriser l'accès des femmes défavorisées à l'éducation numérique et à la formation tout au long de la vie ? Lesquels devraient être reproduits ?
Le Vietnam a mis en œuvre plusieurs modèles efficaces pour aider les femmes défavorisées à accéder à l'éducation numérique et à la formation continue. L'Union des femmes du Vietnam organise également des formations gratuites aux compétences numériques, permettant ainsi aux femmes issues des minorités ethniques et des zones rurales d'accéder au commerce électronique et aux activités en ligne.
Pour accroître l'efficacité des programmes, plusieurs points méritent d'être soulignés. Premièrement, les programmes doivent être mis en œuvre de manière simple, concrète et pratique. Plutôt que d'utiliser un jargon académique comme « transformation numérique », il convient d'employer des expressions facilement compréhensibles, par exemple : « Comment vendre des produits par téléphone ? », « Comment obtenir une consultation médicale en ligne ? » ou « Comment trouver des informations en ligne ? ».
Deuxièmement , un soutien est nécessaire en matière d'équipement technologique, comme la fourniture de téléphones abordables, la prise en charge des coûts de remplacement ou la mise en place de points d'accès Internet gratuits dans les centres culturels des villages, en les équipant de réseaux à haut débit pour faciliter leur utilisation par les femmes.
Troisièmement , il convient de mettre en place un réseau de soutien à l'apprentissage, comprenant des mentors disponibles pour aider les femmes en leur fournissant des connaissances et des ressources à des moments opportuns et dans des lieux facilement accessibles.
Enfin , une communication renforcée est nécessaire pour faire évoluer les mentalités, en insistant sur le fait que la technologie n'est pas difficile et que chacun peut l'apprendre et l'utiliser. Il est indispensable de généraliser ces actions afin de garantir aux femmes défavorisées un meilleur accès à l'éducation numérique et à la formation continue.
Dans ce « labyrinthe » d’informations en ligne, comment les femmes ayant un accès limité à la technologie peuvent-elles identifier des connaissances précises et pratiques pertinentes pour leur vie ?
Pour les aider à identifier les informations fiables, il convient d'organiser des programmes de formation locaux, alliant compétences numériques et capacité à distinguer les informations crédibles. Un soutien rapide d'experts ou de bénévoles est nécessaire afin que les femmes puissent facilement demander conseil ou orientation en cas de besoin. Progressivement, ce soutien leur permettra de reconnaître les contenus pertinents et adaptés à leurs besoins.
Un autre facteur important est l'intégration de la culture locale dans les contenus pédagogiques. Par ailleurs, la création d'une communauté utilisant les technologies de manière collaborative s'avère également très efficace. Par exemple, la création d'un groupe Zalo pour les femmes d'un village ou d'une commune leur permettrait d'interagir et d'échanger quotidiennement des informations de façon ludique. Cette approche conviviale rend l'éducation numérique plus accessible, encourageant ainsi les femmes des régions isolées à apprendre et à utiliser les technologies avec assurance dans leur vie quotidienne.
Merci, expert !
Source : https://phunuvietnam.vn/mo-canh-cua-tri-thuc-so-cho-phu-nu-ngheo-20250414171824468.htm






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