(CLO) La police fédérale brésilienne vient de présenter à la Cour suprême des preuves montrant que l'ancien président Jair Bolsonaro était directement impliqué dans la planification d'un coup d'État visant à renverser les résultats des élections de 2022 qu'il a perdues.
Le rapport de 884 pages, rendu public mardi (26 novembre), résume les résultats d'une enquête qui a duré près de deux ans.
L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro. Photo : REUTERS/Amanda Perobelli
Le rapport détaille les preuves recueillies à partir de mandats de perquisition, d’écoutes téléphoniques, de dossiers financiers et de témoignages dans le cadre d’accords de plaidoyer, indiquant que M. Bolsonaro était le chef d’une conspiration criminelle.
« Bolsonaro a planifié, dirigé et mis en œuvre, en coordination avec d'autres responsables depuis au moins 2019, des actions spécifiques visant à éliminer l'État de droit démocratique afin de maintenir le pouvoir », indique le rapport.
La police a également découvert que M. Bolsonaro avait une « connaissance claire » du plan visant à assassiner Luiz Inacio Lula da Silva, le président élu de l'époque, et son colistier, sur la base de conversations entre les conspirateurs et de réunions au palais présidentiel.
Le rapport cite également huit éléments de preuve clés comme base des accusations formelles contre M. Bolsonaro. L’une d’entre elles a eu lieu en décembre 2022, au cours de laquelle M. Bolsonaro a rencontré de hauts commandants des forces armées, a proposé un coup d’État et leur a demandé de s’y joindre.
Selon la police, les commandants de l'armée et de l'armée de l'air ont refusé de participer, tandis que l'ancien amiral Almir Garnier Santos, alors commandant de la marine, a exprimé son soutien. Santos est désormais l'une des 37 personnes accusées, avec Bolsonaro, d'avoir joué un rôle dans la tentative de coup d'État.
Le procureur général du Brésil, Paulo Gonet, décidera s'il faut poursuivre Bolsonaro et ses complices présumés. M. Bolsonaro est accusé de tentative de coup d’État, d’abolition violente de l’État de droit et d’organisation criminelle. Il a nié tout acte répréhensible.
L'enquête a également révélé le rôle important de Walter Braga Netto, ancien ministre de la Défense et candidat à la vice-présidence dans la coalition de Bolsonaro en 2022. Braga Netto a nié les allégations et affirmé : « Ce n'est pas un coup d'État, ni un plan pour assassiner quelqu'un. »
M. Bolsonaro n’a jamais concédé sa défaite face à Lula, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2023. Les dernières accusations formelles compromettent encore davantage ses projets de se présenter à l’élection présidentielle de 2026.
La récente victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine est une source de motivation pour les alliés de Bolsonaro, qui tentent d'annuler une décision qui lui interdit d'occuper une fonction publique à partir de 2022 pour des actions qui portent atteinte à la légitimité des élections.
Outre les allégations de coup d’État, Bolsonaro fait également face à deux enquêtes distinctes liées à la falsification de dossiers de vaccination contre la COVID-19 et au détournement de bijoux donnés par l’Arabie saoudite. Le procureur général prévoit de combiner les trois enquêtes dans un acte d'accusation complet, qui devrait être publié l'année prochaine.
Cao Phong (selon Reuters, CNN)
Source : https://www.congluan.vn/canh-sat-bresil-cuu-tong-thong-bolsonaro-tham-gia-vao-am-muu-dao-chinh-nam-2022-post323082.html
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